Editorial : Bienvenue à « incertitude land ».

Editorial National

Au cœur de l’Afrique de l’ouest, un pays, autrefois appelé Haute-Volta, puis Burkina Faso, pourrait très bien aujourd’hui, s’appeler « incertitude land » ! Le pays des incertitudes. Bienvenue donc au pays des incertitudes.

Il a suffi dans ce pays, une grève des transporteurs routiers pour semer la psychose ! Dans la capitale Ouagadougou, comme un seul homme, les populations sentant venir le pire, se sont ruées dans les stations-service pour s’y approvisionner. En effet, un mouvement d’humeur du même genre, il y a moins d’un an, avait fini par assécher les réservoirs des voitures et motos, et provoquer une paralysie du secteur économique ! « Chat échaudé craint l’eau froide » dit-on. Ainsi, cette fois-ci, de longues filles se sont constituées devant les stations d’essence.Chacun, en fonction de ses moyens, se faisait servir. Même les stations réputées vendre des produits douteux ne désemplissaient pas. Il a fallu seulement 48 heures pour que la presque totalité des essenceries de la capitale se retrouve à sec. Un signe évident de la fragilité du pays. Le carburant est un produit hautement stratégique. Un des critères importants qui déterminent l’opérationnalité et la puissance d’une armée est son stock de réserve de carburant.

Savoir que les stocks de carburant disponibles dans les stations d’essence de la capitale ne peuvent pas faire face à une demande massive en l’espace d’une semaine, devrait préoccuper tout Burkinabè. Et cela encore plus, dans un contexte marqué par l’insécurité. Curieusement, cette situation alarmante ne semble pas émouvoir outre mesure les principales autorités du pays. En effet, pendant que les Burkinabè se ruaient vers les essenceries, un des ténors du parti au pouvoir, président par intérim et seul ministre d’Etat du gouvernement, Simon Compaoré se pavanait derrière une moto. Un triste spectacle inspiré par une guerre de succession,un an après la disparition du Président du MPP Salifou Diallo. Tout porte à croire que l’heure de sa succession a sonné. Le président de l’Assemblé nationale, Bala Sakandé et le Ministre d’Etat Simon Compaoré, semblent tous deux intéressés par le poste. Alors chacun y va de sa stratégie pour séduire les masses. Une guerre de communication est ainsi née. Les ambitions personnelles semblent avoir pris le dessus sur les affaires du pays.

Pendant que le carburant est devenu une denrée très rare au pays des hommes intègres, au moment où le litre d’essence est vendu entre 1.500 FCFA et 2.000F CFA, aucune réaction au sommet ne se fait sentir. Impuissance ? Insouciance ? Incompétence ? En tous les cas, le gouvernement est en vacance. Pendant ce temps, les attaques contre les militaires et les cibles militaires se poursuivent à travers le pays. L’incertitude gagne du terrain.

 

La Rédaction

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